L’histoire du bridge organisé au Canada est inextricablement liée à l’évolution de l’American Contract Bridge League (ACBL). Après l’invention du bridge contrat en 1925, les joueurs au Canada se sont organisés en entités régionales qui se sont éventuellement unies à des organisations plus grandes situées au sud de la frontière. L’Est-Centre et l’Ouest du Canada ont suivi des chemins différents. Les premiers se sont toujours alignés avec l’ACBL, avant même que cette organisation devienne prédominante en Amérique du Nord. L’Ouest du Canada faisait plutôt partie, au départ, de la Ligue de bridge du Pacifique qui a fusionné avec l’ACBL en 1956.

Dans les années 60, l’ACBL comptait plus de 10 000 membres canadiens, surtout en raison de l’intérêt stimulé par les programmes des ligues pour les clubs et les tournois. Même si les canadiens appréciaient le bridge de l’ACBL, il leur manquait encore une organisation qui les relieraient directement. Ainsi, la Fédération canadienne de bridge (FCB) est venue combler ce vide.

L’impulsion pour créer la FCB fut l’introduction en 1960 du Championnat mondial de Bridge, créé par la jeune Fédération mondiale de Bridge. C’était une compétition où chaque pays serait représenté par sa propre équipe nationale. Déjà, les experts canadiens comme Eric Murray, Sammy Kehela, Bruce Elliot et Pearcy Sheardown avaient laissé leur marque sur la scène nord-américaine. Avec un groupe de jeunes étoiles en herbe canadiennes, ils ont relevé le défi de représenter le Canada.

L’effort du Canada lors de la première Olympiade a modérément réussi. Les choses se sont améliorées en 1964 lorsque notre pays a terminé avec une impressionnante quatrième place. Il est rapidement devenu évident qu’une entité spécifique était requise pour organiser la compétition nationale de sélection de nos équipes internationales et, si possible, pour les supporter à la fois moralement et financièrement. Eric Murray, dont l’énergie et le dynamisme sont légendaires, fut le principal instigateur de cette nouvelle organisation, toujours sans nom officiel. Elle a débuté comme un réseau informel de supporters, d’un océan à l’autre, et s’est graduellement développée en une structure plus concrète.

Les unités canadiennes de l’ACBL ont répondu favorablement à l’intention de Murray de bâtir une organisation formelle. Des réunions sur ce thème furent tenues partout où les joueurs de bridge se rassemblaient. Aux Nationaux de 1965 (aujourd’hui les Championnats nord-américains de Bridge) à Chicago, un groupe d’organisateurs et d’amateurs canadiens, menés par Murray, ont pris la décision historique de créer la FCB. Il s’agirait d’une association volontaire d’unités canadiennes de l’ACBL, où chaque unité membre déciderait du niveau de sa contribution financière. En plus de Murray, le groupe de Chicago comprenait Henry Smilie, Vancouver; Doug Cannell, Winnipeg; Chuck Jane, Woodstock; Bill Robinson, Al Lando et Doug Drew, Toronto; Aaron Goodman, Montréal; et Don Dobson, Halifax. Ensemble, ces individus représentaient plus de 80% des membres canadiens de l’ACBL.

Après le National de Chicago, une rencontre de stratégie eut lieu à la demeure de Murray à Toronto. Là, les fondateurs de la FCB (Murray, Jane, Drew, Lando, Robinson et Cannell) décidèrent de tenir avec les représentants officiels des unités une autre réunion, au National de 1966 à Denver. Les fondateurs présenteraient un projet de formation et de structure de la FCB, pour approbation par les officiels des unités. Ces derniers prendraient le relais en ce qui concerne les politiques régissant la sélection de nos équipes internationales via un tournoi de sélection, et les subventions aux joueurs sélectionnés.

Chuck Jane entrepris l’immense tâche de concevoir le format de la première sélection et de mettre sur pied un groupe pancanadien de bénévoles afin de tenir les tournois locaux pour la qualification à la finale nationale. Le premier événement aboutit à une finale nationale tenue à Winnipeg en septembre 1967.

Depuis ces débuts, la FCB a grandi et a changé. Aujourd’hui, la FCB représente tous les joueurs canadiens, pas seulement les champions visant les compétitions internationales, et offre des programmes diversifiés tel que des championnats nationaux avec volets, des parties maître-non maître, et un magazine adapté à un large lectorat. De plus, en 1990, la FCB est devenue une organisation de membres en plus d’être une fédération d’unités canadiennes de l’ACBL.

À l’approche de son 50ième anniversaire, les canadiens peuvent être fiers de la FCB. Dans le futur, l’avenir de l’organisme va dépendre pour une large part du soutien continu de membres bien informés.